22 avril 2006

Critique - Robin Hobb, le cycle de L'Assassin Royal

On est parfois (agréablement) surpris par des œuvres dont on n’attendait rien de particulier, si ce n’est un moment de détente. Le Cycle de L’Assassin Royal, de l’auteur américain Robin Hobb fait partie de ces surprises.

2290303607.08._sclzzzzzzz__1_Robin Hobb a visiblement bien appris de l’école d’écriture américaine et elle sait mener un récit avec brio, ménageant ses surprises et rebondissements, mêlant adroitement dialogues et descriptions. Si l’univers est d’un classicisme de bon aloi pour ce type de littérature (un monde moyenâgeux mâtiné de plusieurs formes de magies mystérieuses), les personnages se révèlent quant à eux plus surprenants et participent principalement à l’intérêt de ce cycle.

Robin Hobb prend son temps (le cycle s’étale sur treize tomes dans son édition en français), mais elle parvient à créer assez vite un personnage central attachant et complexe, héros en proie au doute permanent, capable de véritables élans de générosité, comme de lâchetés flagrantes dans ses relations aux autres. En un mot : humain. On est pris par les rebondissements de l’intrigue, mais également (surtout) par les relations complexes qui se créent entre les personnages au fil des pages. Car, élément marquant, malgré un récit à la première personne, les personnages secondaires existent, vivent, ont une consistance, une réalité en dehors du héros. C’est la preuve d’une maturité stylistique à signaler.

La véritable originalité de ce cycle tient d’ailleurs à l’une des intrigues «sentimentales» qui parcourt les vingt tomes : l’amour du principal personnage secondaire homme (le « fou ») pour le héros. Amour qui se construit d’abord par une fascination secrète que Robin Hobb traduit par des détails, puis petit à petit, se dévoile, s’affirme pour finir par se déclarer.

hobb_1__copieOn aurait pu craindre un récit caricatural, il n’en est rien : la relation est décrite avec beaucoup de pudeur, d’intelligence et de sensibilité. De réalité également et les sentiments du héros – qui rejette cet amour- sont également fort bien rendus. Bref, on n’est pas dans une collection sentimentale où tout se termine bien, dans un happy end programmé. L’intelligence et la force de Robin Hobb est justement d’ancrer complètement cette relation dans une réalité complexe et mouvante. C’est d’ailleurs, de manière surprenante, cette relation amoureuse qui sert de moteur principal à l’intrigue dans la seconde partie du cycle, comme si Robin Hobb avait voulu la mener à son terme.

Le cycle de l’Assassin Royal est donc une œuvre plus originale qu’il peut n’y paraître au premier abord. Je vous la conseille, mais il faut la lire sur plusieurs mois, laisser aux personnages le temps de mûrir tranquillement. Je ne la qualifierai pas de littérature « gay » (il faudra que l’on consacre quelques articles de ce blog à ce débat), mais tous ceux qui sont un jour tombés amoureux d’un hétéro pur et dur s’y retrouveront.

Jérôme.

Le Cycle de l’Assassin royal est publié chez Pygmalion en grand format. Le dernier tome a été publié en février 2006.

Les premiers tomes ont commencé à paraître chez J’ai Lu. Vu le découpage curieux que Pygmalion a adopté et les prix des grands formats, je conseille de commencer ce cycle en poche et d’attendre tranquillement la publication des derniers tomes.

On peut également signaler du même auteur, le cycle des Aventuriers de la Mer. Intéressant car les deux cycles se rejoignent à un moment.

voir : http://arcanesfantasy.free.fr/hobb.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_Hobb


Posté par cylibris à 10:32 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Critique - Robin Hobb, le cycle de L'Assassin Royal

    Médiocre traduction

    Bonjour,
    Je suis par chance parfaitement bilingue et j'ai lu tout les livres de Robin Hobb du cycle Assassin / trde la Mer / le Fou.
    J'ai d'abord été surpris du découpage des 3 trois trilogies, au lieu de 9 livres, on devrait approcher les 25+ non ?
    Le positionnement de l'Heroic Fantasy en France est très ciblé Adolescent alors que les Anglos-Saxons ont un positionnement plus large.
    Robin Hobb écrit vraiment très bien en Anglais, avec un beau vocabulaire varié et recherché, et je m'aperçois que la traduction Française ne lui fait vraiment pas honneur. C'est beaucoup plus direct, bien moins poétique que dans la VO.
    Robin Hobb n'est pas Cornwell ou Crichton, n'était le genre "mineur" en France, on se serait proche de la "vraie" littérature avec des inventions incessantes et une créativité débordante.
    Alors oui, le genre "Fantasy" est un genre avec des codes, les héros sont des jeunes qui trouvent la voie du bien et un sens à leur vie en combattant le mal, avec le soutien d'un mentor plus âgé, et il faut aimer les dragons et la mythologie pour accrocher à ce type de livres, mais ces 3 trilogies sont vraiment prenantes (la meilleure pour moi étant celle des Liveship Traders / Aventuriers de la Mer).
    Que les editeurs veuillent bien trouver des passionnés de Fantasy pour traduire les auteurs phares (même problème pour Robert Jordan, Terry Goodkind et consorts), et ce genre sortira peut-être alors de l'ornière "ado" où il actuellement planté en France.

    Posté par Stephane C., 15 novembre 2007 à 18:55 | | Répondre
  • Renseigements généraux

    Chère éditrice ou cher éditeur,
    Je voudrais savoir quel genre de maison d'édition vous tenez. Dans quelle mesure les auteurs sont mis «à contribution» dans le processus de mise en production? Autrement dit, doivent-ils débourser des sommes plus ou moins importantes? Est-ce que vos méthodes sont semblables à celles utilisées par Publibook où mon roman Hors de l'eau a paru en juin dernier. Par ailleurs, je ne vois pas votre adresse, quelle est-elle?
    Merci par avance pour le soin que vous mettrez à me répondre. Marc Maillé

    Posté par Marc Maillé, 25 juillet 2006 à 21:30 | | Répondre
  • Total respect

    Bravo,jusqu'ici je n'ai lu que 4 tomes de votre collection L'ASSASSIN ROYAL,j'ai ADORE le personnage de FITZ et l'intrigue autour de laquelle se battit son histoire,je ne déplore qu'une seule chose:il est fort délicat de se procurer les differents tomes.Je suis au CAMEROUN,j'ai beau écumer les librairies,IMPOSSIBLES de mettre la main sur les tomes manquant.Sur ce,j'aimerais solliciter votre aide,à travers conseilles ou actes,pour me procurer les tomes 3;7;8;9;10;11;12;13 de votre ILLUSTRE collection(que je note d'ailleurs 20/5).Je demeure votre très dévoué fan
    GILLES.
    PS:Veuillez bien me répondre à cet e-mail dès réception et me faire part de vos commentaires.

    Posté par Steven, 15 octobre 2007 à 11:39 | | Répondre
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